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12 05 2009 |
Portrait de Philippe Rahm: l'architecture conceptuelle Ecrit par Déborah Antoinat |
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| Des premiers travaux à aujourd'hui Après avoir passé deux ans dans un bureau d'architecture, il ouvre sa propre agence en Suisse en collaboration avec Jean-Gilles Décosterd . Il travaille notamment sur l'érosion et l'oxydation des bâtiments. En 1997, il conçoit une maison qui se détruirait au bout de 100 ans et dont les ruines composées de matières spécifiques pourraient ré-alimenter le sol. De 1998 à 2003, il travaille seul et se concentre sur les liens entre la matière et l'architecture. Sa réflexion se porte sur l'air et la lumière et son influence sur le corps. En 2002, il représente la Suisse lors de la biennale de Venise avec son projet « Hormonorium », un lieu dans lequel le taux d'oxygène et le climat peuvent être modifiés à dessein d’influencer l'espace et le corps. Philippe Rahm parle ici de « chimie de l'architecture ». L’homme a participé à un grand nombre d'expositions dans le monde entier : Archilab en 2000, SF-MoMA et Musée d'art moderne de la ville de Paris en 2001, Beaubourg en 2003, 2005 et 2007 et bien d'autres. Il a été résident de la Villa Medicis à Rome en 2000 et intervient comme professeur dans de nombreuses écoles d'architecture. Il travaille actuellement sur plusieurs projets architecturaux privés et publics en France, Pologne, Royaume-Uni et Autriche. Son approche du développement durable Le VIA (Valorisation de l'innovation dans l'ameublement) a décerné la carte blanche 2009 à Philippe Rahm pour le projet « Terroirs déterritorialisés ». Le concept global vise à « re-naturaliser » l'intérieur de la maison, estimant qu'il y a eu un glissement, un renversement de l'ordonnancement traditionnel des équilibres. En effet, avant, l'intérieur de la maison était le lieu de l' «artifice» (chauffage/isolation) et devient grâce aux techniques employées dans le cadre du développement durable le lieu du « naturel ». Le phénomène inverse s'opère pour l'extérieur : avec la pollution et le changement climatique, il devient le lieu de l'artifice. Dans ce cadre, Philippe Rahm estime que le développement durable accentue d'autant plus la rupture entre l'intérieur et l'extérieur, le naturel et l'artificiel. Un système de chauffage perfectionné Dans cette perspective, Philippe Rahm propose de se pencher sur la part de «l'invisible» du bâtiment, et non de s'attarder sur le visuel. Les mesures les plus concrètes portent sur les questions liées au chauffage, à l'air et à l'eau. « Pour moi, le développement durable n'est pas uniquement un but mais aussi un moyen de renouveler le langage architectural », explique l'architecte. Les alternatives énergétiques préconisées pour ce projet sont une aération douce par renouvellement d'air double flux, un système asymétrique par radiation dédoublée, des lampes à faible consommation d'énergie. Le système par radiation dédoublée se compose d'une source de chauffage froid et une source de chauffage chaud. Le but est d'engendrer un déséquilibre entre ces deux sources afin de créer un flux d'air. L'espace est alors adapté pour que chaque pièce soit à la meilleure température possible pour l'homme, la plus adéquate possible. Les autres actualités « Plage d'hiver » est une exposition qui s'est déroulée au LIFE ( Lieu International des Formes Emergentes) à Saint-Nazaire du 27 novembre au 11 janvier 2009. L'exposition présentait une plage d'hiver, ou «glissement temporel» offrant une nouvelle forme «décalée» d'espace public. Le fait de chauffer cet immense espace en continu à 28 degrés a suscité la polémique. Certains (dont le parti des Verts) ont vivement critiqué cette installation temporaire. Philippe Rahm a répondu à cette critique en estimant qu'« une température entre 24 et 28 degrés était la température traditionnelle pour chauffer une piscine publique, ce dont personne ne s'offusque. De plus, l'isolation était très bonne...il est temps de repenser les symboles et de hiérarchiser les choses ». La conception et la réalisation de l'espace du Grand Palais dans le cadre de l'exposition « La Force de l'Art 2 » a été confiée à Philippe Rahm. Le concept de « géologie blanche » a été pensé selon la théorie du « white cube », pour qu'il n'y ait aucune concurrence entre l'architecture et les œuvres d'art présentées lors de cette manifestation. « Quarante œuvres sont présentées dans un espace vallonné, réalisé en fonction du poids des œuvres », raconte Philippe Rahm. À chacune des œuvres d’art sont donnés un même espace et un même volume au départ. Puis, en fonction de leurs dimensions et de la distance nécessaire entre elles et l’observateur, elles vont commencer à se pousser les unes les autres dans un mouvement similaire à celui de la tectonique des plaques. En fonction de leur poids et de la quantité de lumière exigée, elles vont déformer la surface, la creuser, la gonfler, y faire surgir des hauteurs. L'exposition se déroule du 24 avril au 1er juin. |
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