
La neuroarchitecture : intégrer les neurosciences pour des lieux plus inclusifs
“Complètement par hasard”. Quand Hajet Atti, architecte et doctorante à l’Institut des sciences cognitives Marc Jeannerod (ISC-MJ) découvre le terme de neuroarchitecture en 2011, c’est de manière fortuite alors qu’elle est en pleine recherche de son sujet de fin d’études pour le diplôme d'architecte. “Je me suis intéressée à l'autisme et les différentes approches architecturales qui s'y appliquent, explique-t-elle. Il y avait beaucoup de contradictions et je ne trouvais pas la bonne approche à adopter, le bon cadre de réflexion pour répondre aux problématiques soulevées par la notion de spectre autistique. En creusant un peu plus, je suis tombée sur un nouveau courant, la neuroarchitecture qui m’a passionnée car il s’agit d’intégrer les connaissances en neurosciences dans la conception de bâtiments pour rendre les espaces plus inclusifs.”
Après quelques années à exercer en tant qu’architecte, Hajer Atti reprend la recherche et se lance dans une thèse. Objectif : comprendre comment la neuroarchitecture peut proposer des solutions adaptées aux personnes atteintes de trouble autistique.“L'architecture impacte le quotidien des personnes autistes à 90% voire 95% en termes de mal-être”, précise l’architecte. Les recherches dans cette discipline adoptent une méthodologie qui prend en référence des personnes dites neurotypiques pour démontrer les impacts du bâti sur les émotions et les comportements. Les résultats de ses recherches viennent confirmer des études sur l’importance de la lumière naturelle et de la nature.“La hauteur sous-plafond, l’acoustique et l’éclairage naturel, direct ou indirect déjà très étudié en neurosciences sont à prendre en compte ou encore la présence de la nature qui a fait ses preuves et dont les études révèlent qu’elle peut réduire le temps de convalescence dans les hôpitaux et les cliniques, et améliorer l'état de santé de personnes bipolaires par exemple.”
“La hauteur sous-plafond, l’acoustique et l’éclairage naturel, direct ou indirect déjà très étudié en neurosciences sont à prendre en compte ou encore la présence de la nature qui a fait ses preuves et dont les études révèlent qu’elle peut réduire le temps de convalescence dans les hôpitaux et les cliniques, et améliorer l'état de santé de personnes bipolaires par exemple.” Hajer Atti
La discipline voit officiellement le jour au début du XXIe siècle. En juin 2003, une conférence inaugurale sur l’architecture et les neurosciences a acté la reconnaissance officielle de l’Académie de Neurosciences pour l’Architecture (ANFA). Créée pour explorer les relations entre la recherche en neuroscience et la pratique architecturale, elle regroupe aujourd'hui près de 400 membres venus de différents pays dans le monde. L’architecte américain John P. Eberhard, président-fondateur de l’ANFA, soulignait dans un article datant de 2009* que “nous passons plus de 90 % de notre temps dans des édifices. Il serait donc judicieux de faire un effort particulier pour inciter doctorants et post-doctorants en neuroscience à entreprendre des recherches en lien avec les hypothèses dégagées par les études que l’ANFA a menées sur les expériences architecturales.” A l’origine de ce mouvement, le médecin Jonas Salk. Dans les années 1950, il travaille à mettre au point un vaccin contre la poliomyélite mais ses recherches n’avancent pas. Il décide alors de partir en voyage en Italie. Selon lui, c’est la visite du monastère d’Assise qui lui aurait permis de trouver la solution. Convaincu dès lors de l’impact de l'architecture sur notre cerveau, le médecin, avec l’architecte Louis Kahn, ambitionne de reproduire à grande échelle l’expérience avec la construction d’un bâtiment à San Diego, en Californie. Il fonde l'Institut Salk pour les études biologiques à l’architecture brutaliste.
Prendre en compte la variabilité du spectre autistique nécessite de privilégier des espaces modulables qui peuvent s'adapter à des émotions très différentes, voire opposées. “La solution architecturale pour les personnes hypersensibles, dérangées par le bruit et la lumière sera de réduire au maximum les nuisances sonores ou lumineuses”, explique Hajer Atti. “Toutefois, si on enlève ces éléments pour les personnes hyposensibles qui ont besoin de stimulations, les études montrent que les conséquences et les réactions sont les mêmes, c'est-à-dire des crises, de l'automutilation, des cris, etc.”
“La solution architecturale pour les personnes hypersensibles, dérangées par le bruit et la lumière sera de réduire au maximum les nuisances sonores ou lumineuses”, explique Hajer Atti. “Toutefois, si on enlève ces éléments pour les personnes hyposensibles qui ont besoin de stimulations, les études montrent que les conséquences et les réactions sont les mêmes, c'est-à-dire des crises, de l'automutilation, des cris, etc.” Hajer Atti
Cette approche entre en résonance avec le projet réalisé au sein de l'hôpital du Vinatier à Lyon. La question d' adaptabilité du bâti y a été intégrée de façon à répondre aux forts contrastes entre les besoins des résidents. Inaugurée en novembre 2024, cette unité dédiée à des patients souffrant de troubles cognitifs se veut expérimentale. Elle a été pensée par l’architecte Lionel Thabaret dont l’agence est spécialisée dans des projets dans le domaine de la santé, le médico-social, la détente et le bien-être, pour éviter de stimuler les sens de patients atteints de troubles autistiques sévères. “ Nous avions carte blanche pour ce projet. Nous sommes partis du postulat que nous n’avons aucune connaissance de la perception de la troisième dimension des personnes ayant des troubles cognitifs, énonce l’architecte à la tête de l’agence Cent 7. On s’est inspiré de nos réalisations dans le domaine du bien-être pour proposer une architecture dont l’ambition est d’apaiser et de s’adapter. Notre réponse a constitué en un bâtiment composé d’espaces de vie avec des alcôves variées, conçues pour proposer des lieux d’isolement tout en permettant de rester connecté aux autres. Certaines alcôves intègrent des jeux de lumière personnalisables, un ciel étoilé, ou des dispositifs inspirés des besoins sensoriels des personnes autistes. Les chambres proposent de grandes fenêtres basses adaptées aux personnes vivant souvent près du sol et ouvertes sur l'extérieur et le jardin privatif pour rester connecté à la nature ”.

Le site étant très végétalisé, l’équipe a choisi de préserver les arbres existants pour maintenir la continuité paysagère et renforcer le lien entre les résidents et le parc public. “Pour fluidifier le lien avec l’extérieur et éviter les ruptures visuelles, nous avons opté pour une façade d’entrée vitrée et une clôture transparente, indique Lionel Thabaret. Pour accueillir les familles des résidents dans les meilleures conditions, un auvent monumental à l’entrée fait figure de refuge convivial. Sans se revendiquer de la neuroarchitecture, Lionel Thabaret parle davantage “d'une architecture sensorielle”. Pour réaliser ce projet, il a travaillé conjointement avec les équipes soignantes qui ont pu apporter leurs connaissances. Il a aussi recueilli l’avis de personnes autistes.
Mouvement architectural peu connu, la neuroarchitecture pourrait apporter des solutions pertinentes pour offrir des espaces de vie plus inclusifs pour d’autres typologies de publics. Pour la chercheuse Hajer Atti, les perspectives de cette discipline sont très prometteuses : “ De nombreuses études en neurosciences ont montré les effets du bâti sur différentes populations comme les personnes âgées ou ayant des problèmes de santé ; toutefois c’est une discipline qui n’est pas apprise en écoles d’architecture, dotée d’un langage peu accessible, mais dont les impacts me paraissent considérables”. Quant à l’agence Cent 7, à laquelle le projet du Vinatier a apporté une forte visibilité et attiré des visiteurs du monde entier, elle se penche actuellement sur une unité fermée dans un Ehpad pour des personnes atteintes de troubles cognitifs. Son ambition : proposer un habitat où l’on se sent chez soi, sans soin médicalisé mais qui répond aux besoins de personnes désorientées. Et Lionel Thabaret de confirmer : “Les défis sont énormes ! La prochaine étape serait de créer des espaces pour permettre à des personnes ayant des troubles cognitifs d’assister à un match sportif ou à un concert”.

« Applying Neuroscience to Architecture » (Juin 2009), un article (en anglais) de John P. Eberhard, président-fondateur.
"Comment soulager les personnes touchées par l'autisme grâce à la neuro-architecture" (mai 2025), un article d’Hajer Atti.
Selon certaines études, l'air intérieur serait plus nocif que la pollution extérieure. Peintures, solvants, cloisons, revêtements des sols, produits d'entretien, de bricolage… : les émanations toxiques proviennent aussi bien des matériaux de constructions, des meubles que de toutes sortes de produits utilisés pour les entretenir. De plus en plus, la question de la pollution intérieure s'installe dans le débat public. Au banc des accusés, ont trouve d’abord les COV (composés organiques volatiles), molécules chimiques issues de la famille des pétroles qui se présentent sous toutes les formes, vapeurs ou gaz parmi lesquels le méthane, le benzène, les dioxines, reconnaissables à leur odeur de neuf sur tous types d'objets et particulièrement mauvaises pour la santé. On pointe aussi du doigt l’humidité et les moisissures, dont la présence dans un logement augmenterait de 52% le risque de développer une maladie respiratoire. Autre conséquence de la pollution intérieure sur la santé : les allergies.
Parmi les sources de pollution intérieure, on trouve bien sûr les matériaux de construction. C'est à ce titre que la Fédération Française des Tuiles et des Briques (FFTB) a remis un livre blanc le 17 février dernier à l’Assemblée Nationale, afin d’alerter les pouvoirs publics sur les enjeux de la qualité de l’air intérieur. Comme l'a souligné Françoise Bas, de l'UNAF (Union Nationale des Associations familiales) dans ce même rapport : « les lois Grenelle 1 et 2 ont permis de mettre en œuvre bon nombre de mesures dans une volonté affichée de rupture, mais des marges de progrès demeurent, au regard particulièrement du volet social qui reste à renforcer. La prise en compte notamment des liens entre santé-environnement et habitat a été insuffisante ».
Pour autant, la lutte contre la pollution intérieure figure dans le Grenelle de l’environnement. Le 2e Plan national santé environnement (PNSE2) 2010-2014 en a fait l’une de ses priorités. Il prévoit un ensemble de mesures destinées à mieux connaître les sources de pollution à l’intérieur des bâtiments et à les limiter. À cet effet, l’Inéris (Institut national de l’environnement industriel et des risques) et le CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment) ont signé une convention de collaboration. Parmi les 12 mesures phares, la mise en place à partir de 2012 d’un étiquetage obligatoire des produits de construction et de décoration, la réduction de l’exposition aux substances préoccupantes dans les bâtiments accueillant des enfants, l’intervention de conseillers « habitat santé », etc. En 2011, une campagne de suivie de 20 000 enfants pour comprendre l'impact de l'environnement sur la santé et le développement devrait ainsi être lancée.
Des mesures somme tout tardives dans un contexte où « depuis les années 70, la politique d'économie d'énergie mise en œuvre a entraîné un confinement des bâtiments », selon les propos de Bertrand Delcambre , président du Centre scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) dans le livre blanc. Cette « bunkerisation » de l'habitat est toujours de mise, à en juger les projets actuels qui priorisent la réduction de la consommation énergétique et le renforcement de l'isolation. Toutefois, l'ambition de développement durable dans l'habitat se doit de dépasser les seuls critères énergétiques pour relever le défi de la santé. Autre enjeu : la mise en place d'un cadre d'évaluation pour mesurer concrètement les résultats. Comme le souligne Anne-Sophie Perrissin-Fabert, présidente de l'association HQE, « la loi sur l'étiquetage ne dit rien du résultat. Il faut aller plus loin. Certes le Grenelle 2 prévoit d'effectuer des contrôles dans les établissements publics dès 2012 mais il faut globaliser cette démarche. C'est pourquoi nous réalisons actuellement une proposition de mesures pour les bâtiments neufs (label HQE Performance) pour cette même échéance. Deux problèmes toutefois : l'absence d'une filière d'évaluation de la qualité de l'air intérieur et le coût de cette montée en compétences. On est au tout début du processus ».
En septembre 2011, la génération 93 pourra choisir le premier cursus post bac intégrant la notion de développement durable dans son programme. Baptisé STI2D (Sciences et technologies de l’industrie et du développement durable), ce bac technologique qui viendra remplacer la filière STI, aura quatre nouvelles matières à son programme : Système d’information et numérique (SIN), Energie et environnement (EE), Architecture et construction (AC) et Innovation technologique et éco-conception (ITEC). Cette filière, si elle ne donne aucun savoir-faire professionnel, permettra à ceux qui l’intègrent d’envisager un large éventail de formations jusqu’au niveau bac + 5, masters universitaires et diplômes d’ingénieur.
L'enjeu : sensibiliser certains élèves aux problématiques environnementales. Mais l’ensemble de cette génération de bacheliers aura-t-elle profité dans ses années de maternelle, d’école primaire, de collège et de lycée d’une éducation à l’environnement ? Pas vraiment car les réformes en la matière ont tardé à se mettre en place. Ainsi, si le ministère de l'Environnement propose dès le début des années 90 l'opération "Mille défis pour ma planète" aux enseignants, il s’agit d’une opération unique sur l’année et qui n’est pas imposée dans les programmes de l’Education nationale. A l’échelle locale, un projet de préservation de la nature est choisi par les enfants pendant les heures de cours et régulé ensuite par des adultes, qui se réunissent hors temps scolaire.
Dans les textes, une circulaire de 1977 définit pour la première fois les contenus et les méthodes de l’éducation à l’environnement. La dimension donnée est essentiellement écologique au sens scientifique du terme. Mais les aspects économiques ne sont pas absents. La notion de développement durable apparaît en filigrane. Concrètement, il faut attendre 2004 et une nouvelle circulaire qui remplace celle de 1977 et fait apparaître clairement la notion de développement durable. Elle préconise que "l’Éducation à l’Environnement pour un Développement Durable (EEDD) doit être une composante importante de la formation initiale des élèves, dès leur plus jeune âge et tout au long de leur scolarité, pour leur permettre d’acquérir des connaissances et des méthodes nécessaires pour se situer dans leur environnement et y agir de manière responsable. " Cette première phase définissait les conditions de généralisation de l’EDDD.
En 2007, un nouveau plan triennal (2007-2010) en faveur de l’éducation à l’environnement pour un développement durable (EDD) est annoncé. Cette deuxième phase vise trois objectifs : "inclure l’éducation au développement durable dans les programmes de toutes les disciplines à l’école, au collège et au lycée, multiplier les établissements en démarche de développement durable (EDDD) et former les professeurs à cet enseignement, quelle que soit leur discipline."
Si ces dispositions sont désormais obligatoires, le caractère interdisciplinaire de l’EDD rend difficile son application. Car l’EDD n’existe non pas sous forme d'une nouvelle discipline mais dans le cadre des disciplines existantes, à l’image de la biodiversité, enseignée en fil rouge tout au long du parcours scolaire. Difficilement contrôlable, l’enseignement du développement durable dans l’éducation est donc avant tout une question de volonté de la part des enseignants et de la direction des écoles. Certains cas prouvent pourtant qu’il est possible de placer l’EDD au cœur du programme éducatif. L’école du Colibri dans la Drôme s’applique ainsi à mettre en relation "les enfants avec le monde du vivant pour l’apprentissage d’un mode de vie respectueux aussi bien de la planète que des humains qui y séjournent, pour l’acquisition d’une responsabilité écologique et relationnelle." En Ardèche, "l'école de La Ferme des Enfants prend sa place au sein d'un écovillage à vocation pédagogique et intergénérationnelle : le Hameau des Buis." Enfin, si d’autres écoles ne jouissent pas d’un cadre naturel propice à cet apprentissage écologique, cela n’empêche pas certaines de valoriser la notion de développement durable dans leur programme à l’image de l’école Living School de Paris.
Sans aller aussi loin, des programmes ponctuels sont proposés aux écoles et aux enseignants. Plus faciles à mettre en place, ces derniers ont le mérite de faire plancher les élèves sur des situations concrètes. C’est par exemple le cas des Jeunes reporters pour l’Environnement (JRE). Ce programme d’éducation à l’environnement est destiné aux jeunes de 11 à 20 ans. Encadrés par leurs enseignants, les élèves mènent des enquêtes journalistiques sur des thématiques d’environnement local et communiquent leurs conclusions au grand public sur différents supports (écrit, audio, exposition, photo, vidéo, site internet…).
L’Eco-Ecole est quant à lui "un label décerné aux écoles élémentaires et secondaires qui s’engagent vers un fonctionnement éco-responsable et intègrent l’EDD dans les enseignements." Ici, les élèves, les enseignants, la direction et le personnel travaillent en partenariat avec les élus locaux, les associations locales et les parents d’élèves. Ensemble, ces partenaires locaux évaluent la situation environnementale de l’école lors d’un diagnostic relatif à l’eau, l’énergie, les déchets et l'alimentation. Au sein du comité de suivi, force d’impulsion du projet, ils définissent des actions pour améliorer la situation de départ puis ils évaluent la portée de ces actions.
Autre exemple avec le Stockholm junior water prize qui est un concours scientifique international pour les jeunes. Il vise à récompenser les initiatives d’amélioration de la qualité et de la gestion de l'eau ainsi que la protection des ressources en eau.
Enfin, les établissements d’enseignement peuvent aussi se lancer dans des actions éducatives d'impulsion ministérielle comme les classes de découverte ou les ateliers scientifiques et techniques. Certaines actions proposées aux écoles, collèges ou lycées sont également menées conjointement par le ministère de l'Éducation nationale et différents partenaires à l’image de celle de l’année dernière baptisée "L'eau, une ressource vitale". Un kit d'exposition et des documents pédagogiques sont fournis aux classes participantes.
Mais là encore, les textes indiquent que "les enseignants ont la possibilité de monter des projets". Aucune obligation n’est mentionnée, et il en va donc avant tout de la bonne volonté des enseignants et directeurs d’école. Charge à eux de former la génération verte de demain.
Ne dites pas à Patrick Nadeau qu'il est designer végétal. Pour lui, il est avant tout designer et architecte. C'est après une première association avec le designer Christian Ghion que l'homme souhaite voler de ses propres ailes et ouvrir son agence en solo. Très vite, il intègre le végétal qui l'attire avant tout pour ses propriétés plastiques. « Selon moi, le végétal répond à des problématiques architecturales, je regarde les plantes d'un point de vue formel et plastique. Ça m'agace un peu qu'on prenne les plantes pour des prestataires de services qui dépolluent, on les instrumentalise ».
Tout commence avec le projet réalisé en 1999 pour le Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire, avec le soutien de la Maison Hermès. Il y présente un meuble-jardin en teck et en inox, posé sur quatre pieds à 90 cm au-dessus du sol avec un système modulable.
Ouvertes et mises à l’horizontale, les quatre faces de la boîte se transforment en tables de culture où les plantes poussent dans l’épaisseur des plateaux, puisant le liquide nutritif dans des gouttières techniques remplies de fibres de coco. « C'est un projet fondateur, c'est une superposition car c'est à la fois un objet design, une micro architecture et un jardin ».
S'ensuivent de nombreuses et prestigieuses réalisations toujours dans la même veine : Maison Hermès, Kenzo Parfums, Louis Vuitton, La Ville de Rennes, Les Salines Royales d’Arc et bien d'autres. « Ce qu'il y a intéressant a croiser ses disciplines, c'est que cela ouvre de nouvelles inventions formelles, plastiques et sensibles, c'est difficile de créer de nouvelles formes », raconte Patrick Nadeau.
En parallèle à l'ouverture de son agence, il commence l'enseignement en mettant en place un atelier de design végétal à l'Esad (École Supérieure d'Art et de Design) de Reims. « Si tout va bien, en 2012, ce cours devrait se structurer en troisième cycle avec des collaborations entre architectes , scientifiques, sociologues ». Comme une reconnaissance pour cette discipline hybride. Designer avant tout, il intègre le végétal quand cela est légitime, quand cela a du sens. « Parfois, le végétal peut être encombrant du fait des contraintes techniques et d'entretien. »
Selon lui, le rôle du designer est bel et bien d'apporter des nouvelles possibilités d'imbrication entre le bâti et le végétal plus subtiles et ce, jusqu'à l'intérieur des maisons. « Il faut faire attention à ne pas vouloir tout verdir, on a passé 3000 ans à domestiquer la nature et maintenant on veut la faire renter partout », s'amuse le designer dont les travaux de sa « maison-vague » à Reims, entièrement végétalisés viennent de démarrer. Cette bâtisse éco-conçue de 130m2 se niche sous l’ondulation d’une coque en bois et en béton et emprunte aux constructions industrielles des serres en utilisant une double peau en polycarbonate sur une façade en verre.
Toutefois, même si l'éco conception l'intéresse, il estime qu'elle doit rester au service de la création, être un levier pour la créativité. « Toutes ces normes et ces labels, cela ne doit pas amener à des bâtiments tous semblables ». Un premier projet qui devrait être compléter par un projet d'écoquartier à l'horizon 2013. Son approche de la place du végétal dans la ville? « En dehors des centres historiques un peu intouchables, je pense que les lieux à investir sont les régions périphériques sous des formes hybrides « mi-urbain mi-jardin », des espaces un peu ambiguës ». Une information encore au conditionnel mais Patrick Nadeau espère réaliser une exposition sur son travail pour l'année prochaine, associée à la sortie d'un livre.
Longtemps structurée autour de l’opposition ville/campagne, la production agricole se conçoit désormais comme un fait urbain – témoin l’essor des jardins partagés, fermes verticales et mouvements locavores. En 2008, ce désir de concilier vie en ville et production alimentaire donnait naissance à Re :farm the city .
On doit la genèse de ce projet, qui mêle art, agriculture et open source, à un graphiste portugais : Hernani Dias. Venu s’installé à Barcelone, le jeune homme décide un jour de faire pousser des légumes dans son appartement. Mais il part en vacances, et à son retour, tous les végétaux ont péri faute de soins. Hernani Dias décide alors de créer un système d’arrosage qui ne se déclenche pas automatiquement, mais lorsqu’il détecte, via un ensemble de capteurs, que la plante a besoin d’eau. Connecté à Internet, le système peut être contrôlé à distance.
Face au succès de son dispositif, Hernani Dias décide de créer un collectif informel au sein duquel se partageraient technologies et savoir-faire. Depuis, Re :farm the city a essaimé dans une petite dizaine de villes à travers le monde, dont Paris. Son ambition : proposer des outils software et hardware en open source à tous ceux qui souhaiteraient créer et gérer à distance de mini-fermes urbaines : systèmes d’arrosages, épouvantails, composts...
Bien sûr, la protection de l’environnement est l’un des piliers du projet, qui privilégie matériaux trouvés et recyclés, encourage à la production locale et à l’ensemencement de végétaux vernaculaires. Les fermiers de Re :Farm n’en investissent pas moins des modes de production résolument contemporains, tels que l’hydroponie. Surtout, ils sont friands de technologies récentes, et ont d’emblée ajouté aux outils traditionnels du jardinier l’Arduino, ce circuit imprimé distribué sous licence Creative Commons, dont raffole tout hacklab.
De fait, l’enjeu de Re :farm the city n’est pas tant de reverdir la ville que de bâtir de nouvelles communautés dont les valeurs et l’organisation doivent beaucoup à l’éthique « hacker » : collaboration et coopération, mise en commun des données, circulation libre des savoirs… C’est d’ailleurs pourquoi les fermiers qui nourrissent le projet se réclament du DIT (do-it-together) plutôt que du DIY (Do-it-yourself). A rebours de l’approche environnementaliste à quoi se résume souvent l’écologie, Re :farm the City conçoit d’abord celle-ci comme une autre façon de vivre ensemble et de partager les ressources. Bref, pour ces fermiers bidouilleurs, une ferme urbaine, c’est avant tout une expérience du partage et de l’en commun…
Au travers de ces concepts, l'idée est de mettre à l'honneur savoir-faire traditionnel, éditions limitées et proximité avec des producteurs locaux. De plus en plus de griffes utilisent l'argument éthique, des labels apparaissent, des salons s'organisent mais ce nouveau marché réussit-il à s'imposer alors que près de 80% des vêtements sont confectionnés en Asie ? Le point sur la mode éthique.
Dans sa boutique parisienne, Tamara Tung, créatrice de By Mutation réalise des collections de mode féminine en série limitée à partir des surplus de productions des griffes de luxe comme Agnès B ou Vuitton qu'elle récupère, dans un esprit très « Upcycling ». Aussi, elle fait confectionner ses vêtements à Paris, l'atelier de fabrication étant à quelques minutes de sa boutique. Du recyclage, une empreinte carbone quasi nulle... Sa démarche s'affiche résolument « écologique »: « Je ne voulais pas fabriquer plus en sachant qu'on peut valoriser des tissus de grande qualité destinés à être perdus. Personnellement, je n'aime pas le terme de mode éthique qui regroupe des notions assez différentes, entre l'utilisation de coton bio ou le fait de respecter les règles du commerce équitable. On s'y perd. Ma marque se positionne comme une griffe engagée, qui défend le Made in France», explique Tamara.
Alors, existe-il une définition claire de la mode éthique ? Si l'on en croit les critères mis en place pour sélectionner les créateurs lors de l'Ethical Fashion Show, premier salon international de la mode éthique, les pièces se doivent d'être produites dans des conditions respectueuses de l'homme (Respect des conditions des travailleurs conformément aux conventions de l'Organisation Internationale du Travail, ect), de minimiser l'impact environnemental des filières de fabrication et enfin de pérenniser les savoir-faire locaux. Depuis quelques années, les marques de mode éthique se multiplient : Baskets Veja, robes Les fées du Bengale ou Ekyog. Et le phénomène semble prendre de l'ampleur : l'Ehical Fashion show rassemblait 20 marques à ses débuts en 2004 pour arriver à près de 90 en 2010.
Cependant, même si le nombre de créateurs mettant en place des critères sociaux et environnementaux augmente, les habitudes de consommation semblent avoir la dent dure en matière de mode. En effet, selon une étude de l'Institut Français de la Mode, seuls 28% des français déclarent avoir déjà acheté un vêtement bio ou équitable (soit 7% de plus qu'en 2007) et 37% la connaissant mais ne l'achètent pas (Source étude IFM 2009 « Mode et consommation responsable, regards des consommateurs»).
Pour Isabelle Quéhé, fondatrice du salon de la mode éthique, cela s'explique notamment par le réseau de distribution : « Même s'ils se développent, les points de vente sont encore parfois difficiles à trouver et ne sont pas toujours très “tendance”. La mode éthique pâtit encore trop de cette image “babacool” qui lui a été collée dans les années 1980. » Pourtant, de nombreux créateurs essaient d 'offrir des lignes plus en vogue à l'instar de Tamara, créatrice de By Mutation : « Je ne me reconnaissais pas dans les lignes de la mode éthique qu'on trouvait à l'époque, un peu limitée au niveau des coupes, des coloris et des imprimés ».
Autre frein : les tarifs. Pour autant, le prix d'une jupe chez Ekyog se situe dans la même fourchette que chez Sandro ou Le Comptoir des Cotonniers.
L'arrivée de l’empreinte carbone des produits de grande consommation sur les étiquettes pourrait-elle modifier le comportement des consommateurs en matière de mode ? Dans le cadre du Grenelle 2, l’article 228 de la Loi indique qu’à partir du 1er juillet 2011, une expérimentation sera menée, pour une durée minimale d'une année, « afin d'informer progressivement le consommateur par tout procédé approprié du contenu en équivalent carbone des produits et de leur emballage, ainsi que de la consommation de ressources naturelles ou de l'impact sur les milieux naturels ».
Avec 18 entreprises pour le secteur textile et quelques dizaines de produits, ce geste pourrai faire figure de goutte d'eau dans l'océan. Le CLCV ( Consommation, Logement, Cadre de Vie), association de consommateurs a par ailleurs souligné « le recul des députés qui ont repoussé au 1er juillet 20 11 le début de l’affichage du « contenu carbone » des produits de grande consommation et de leur impact sur les milieux naturels, et seulement à titre expérimental sur un nombre limité de produits. ». De plus, ne sont évoqués ici que les seuls aspects environnementaux. Comme le souligne la fondatrice de l'Ethical Fashion Show : « une fois de plus, on parle “environnement ». Le côté humain n’est pas mis en avant. Un produit peut avoir une empreinte carbone relativement basse, mais qu’en sera-t-il des conditions de travail sur la chaîne de fabrication? C’est bien sûr un aspect difficile à “étiqueter”, et pourtant, c’est tout aussi important. »
Du chemin reste donc à parcourir pour que les critères de la mode éthique deviennent les standards de la mode dans ce secteur. La mode durable est-elle une oxymore au regard du rythme des collections et des tendances qui s'enchainent?
Lors d’un voyage d’étude dans le Vorarlberg, j’ai eu la chance de visiter un immeuble passif parmi les plus performants au monde. Pourtant, le bâtiment, qui avait été conçu pour fonctionner avec très peu d’énergie (moins de 15 kwh/m²/an), révélait des consommations supérieures aux estimations initiales des bureaux d’études… Comment expliquer cet écart ?
Certainement pas par d’éventuelles erreurs de conception : Hermann Kaufmann, l’architecte du bâtiment, est parmi les meilleurs que je connaisse. La cause du phénomène est plutôt à chercher dans les comportements des habitants. Bien qu’informés sur les caractéristiques de leur logement (étanchéité à l’air, ventilation double-flux…), certains d’entre eux continuaient à ouvrir les fenêtres pour aérer et à laisser leurs appareils électriques allumés en permanence…Pour éviter cet écueil et faire en sorte que les usages d’un bâtiment n’en grèvent pas les performances, on a alors pensé qu’il suffisait d’informer l’usager. On s’est mis à lui distribuer des guides et des livrets d’accueil. Sans grands résultats : si elle est une condition nécessaire pour changer les comportements, l’information n’est pas suffisante. Elle peut même s’avérer contre-productive, et induire ce qu’on appelle un effet rebond : conscient des bénéfices écologiques d’un bien ou d’un service, son usager relâche alors sa vigilance, et se laisse aller à des comportements peu économes…Pour vous donner un second exemple de ce que je viens d’avancer, je citerai l’étude menée en 2009 par Ethicity et l’ADEME sur la consommation durable. On y apprend par exemple que si ¾ des Français pensent que le développement durable est une nécessité, seuls 20% d’entre eux sont des « consom’acteurs » (ie : qui choisissent les produits en fonction de critères éthiques). Bref, alors qu’une immense majorité marque son adhésion aux valeurs portées par le développement durable (surtout compris comme synonyme de « protection de l’environnement », à l’exclusion de ses volets social et économique), seule une frange marginale de la population traduit ces valeurs en actes.
Des deux exemples qui précèdent, il faut conclure ceci : nos raisons d’agir et de consommer sont multiples, et ne se fondent pas (ou pas uniquement) sur la rationalité. D’autres facteurs entre en jeu et peuvent freiner le passage à l’acte alors même qu’on est convaincu de la nécessité d’agir. Olivier Oullier, conseiller scientifique au Centre d’analyses stratégiques, énumérait quelques-uns de ces freins le mercredi 9 mars lors d’un colloque intitulé « Incitations comportementales et environnement », auquel j’ai assisté avec intérêt. Voici les principaux :
Dès lors, quels leviers actionner pour généraliser les « éco-gestes » et faire évoluer les pratiques ? En France, les politiques publiques privilégient deux approches :
Entre contrainte et taxation, le monde anglo-saxon explore depuis quelques années une « troisième voie » : les incitations comportementales ou « nudges » (traduisez par : « coup de pouce »). Comme l’expliquent Olivier Oullier et Sarah Sauneron, cette stratégie formalisée par Cass Sunstein et Richard Thaler dans l’ouvrage du même nom consiste à « conduire l’individu à faire des choix qui aillent dans le sens de l’intérêt général, sans être pour autant prescriptive ou culpabilisante. » Cette politique de « paternalisme libertaire » hérite des sciences comportementales et met en œuvre des dispositifs d’information et de communication simples, positifs et présentés (à tort ou à raison) comme peu coûteux pour implémenter le changement.En voici quelques exemples :
Evidemment, les nudges ne sont pas une panacée et présentent un certain nombre de limites, parmi lesquelles l’existence d’effets pervers induits par la comparaison et l’invitation à se conformer aux normes sociales. Pourtant, leur expérimentation a le mérite d’apporter un complément aux instruments traditionnels des politiques en matière d’environnement. Si l’on veut rendre le changement désirable, on a en effet tout intérêt à le mettre en œuvre sans contrainte. D’où l’intérêt des nudges, qui insistent sur les effets positifs des comportements vertueux plutôt que sur l’effort à entreprendre pour mettre en œuvre une société plus durable…
Le blog de R. Thaler et C. Sunstein : http://nudges.wordpress.com/
Un article très complet sur les nudges dans la vie des idées.
Depuis les années 1990, les villes françaises, Paris et les grandes agglomérations en tête ont accueilli un nombre toujours plus important de résidences sécurisées, à l'image du modèle américain des gated communities, bien connu. Les premiers exemples sont apparus sous la forme de domaines d'exception de luxe pour personnes aisées, sorte de « ghetto doré » qui souhaitait réserver un certain nombre de services (cours de tennis, piscine, ect.) aux seuls habitants. Progressivement, les services de sécurité comme les digicodes et grillages se sont ouverts aux classes moyennes jusqu'à concernés aussi des logements sociaux.
Un état des lieux qui illustre le caractère polymorphe de ces résidences à la française, bien que s'articulant autour du même concept : démarquer la propriété privée de l'espace public. En parallèle, cette problématique s'est progressivement affichée comme un domaine d'intervention de plus en plus sensible pour les pouvoirs publics, notamment pour des aspects sécuritaires.
Doit-on y voir une relation de causes à effets? Peut-on mettre en lien la croissance de cette nouvelle forme d'habitat avec la montée du sentiment d'insécurité qu'il soit réel ou fantasmé ? Selon les auteurs de « Quartiers sécurisés , un nouveau défi pour la ville » (Les Carnets de l'info, 2010) : « Si les ensembles résidentiels fermés en France prolifèrent sur fond de montée en puissance d'un ordre sécuritaire, une nette discordance peut être notée toutefois entre les promoteurs et les résidents quand à la place réservée précisément à l'objectif sécuritaire dans l'argumentaire justifiant le développement de la fermeture ». Ainsi, il semble que les habitants ne semblent pas revendiquer le critère de sécurité dans le choix de ce type d'habitation. Un aspect à relativiser car il s'agit de déclarations qui peuvent être difficile à assumer et donc non énoncées. Pour les auteurs, ces questions représentent davantage un argument commercial pour les promoteurs, les habitants recherchant un certain confort et l'impression de disposer d'une qualité de vie plutôt privilégiée .
De plus, les auteurs de l'ouvrage estiment également que ces formes d'habitat « participent d'une mise en surveillance de pans croissants de l'espace ». En effet, une des questions fondamentales qui sous-tend ce débat est l'importance des dangers que représente la multiplication des résidences sécurisées et leur influence sur la morcellisation de l'espace urbain. Pour la sociologie et urbaniste Amélie Flamand qui a réalisé une thèse sur la séparation des espaces publics et privés : « Les enjeux qui déterminent les espaces intermédiaires (escaliers, coursives, jardin, ect) restent les mêmes dans le cas de résidences sécurisées. On retrouve notamment l'importance de ces lieux comme zone de transition entre le public et le privé et le besoin d'appropriation d'un territoire. Cependant, elles représentent un danger de repli sur soi voire d'une sécession urbaine, sociale et politique à l'image de certaines résidences aux États-Unis qui ont demandé de disposer de leur propre fiscalité, cela suppose la création d'un État dans un État ».
Aussi, la multiplication de ce type de résidences est concomitante avec la multiplication du nombre de vidéos surveillance sur le territoire urbain. L'ouvrage cité précédemment met en avant la tendance qui vise à « la montée en puissance d'un territoire sous surveillance et le recours de plus en plus massif à la technologie, en particulier la vidéo surveillance. Le gouvernement française mise ainsi massivement sur cette technique, au nom de la lutte contre la délinquance, l'objectif étant de passer de 2000 caméras aujourd'hui (ndlr : début 2010) à 60.000 d'ici fin 2011 ».
Une situation qui soulève aussi la question de l'appropriation de l'espace urbain, de la place de l'individu dans cet espace et de son intimité. Le travail du photographe Micheal Wolff présenté actuellement dans l'exposition « Peurs sur la ville » à la Monnaie de Paris* offre une approche photographique des inquiétudes face à la prolifération d'images prises par ces vidéos surveillance et d'autres logiciels. Avec « I see you », c'est Google street view qui est pointé du doigt. Les visuels mettent en scène des passants anonymes, des couples qui s'embrassent, mettent ainsi en évidence le « viol » de l'intime par ces yeux cachés.
Comme le souligne Guillaume Foucher, directeur de la Galerie Particulière : « Google Street View est supposé flouter et protéger les renseignements de type privé, la réalité est toute autre et montre une claire intrusion dans nos vies et une violation de notre droit à l'image, pouvant même porter atteinte à la sécurité nationale (reconnaissance des personnes, lisibilité des plaques d'immatriculation, visibilité des accès secondaires des banques et des ministères, photographies des rondes de nuit devant les prisons, etc.) »
Si l'on en croit les caractéristiques du projet pharaonique chinois « Songdo New City » prévu à l'horizon 2014 et présenté comme « la » ville du futur, l'argument sécuritaire s'impose comme un incontournable paradigme à prendre en considération à côté des aspects high tech et écolo. Les trois piliers de la ville de demain?
*« Quartiers sécurisés , un nouveau défi pour la ville » (Les Carnets de l'info, 2010) de G. Billard, J. Chevalier, F. Madoré et F. Vuaillat
* "Peurs sur la ville". Jusqu'au 17 avril 2011
MONNAIE DE PARIS, 11, quai de Conti 75006 PARIS www.monnaiedeparis.fr