La ville à l’heure du changement.
Fiona Meadows & Antonella Tufano : “ La cabane, c'est la question de l'abri, la première architecture”

Pour la 10e édition de Mini Maousse, concours de microarchitecture lancé en 2003, la Cité de l'architecture et du patrimoine invite étudiants, architectes et enfants à repenser le geste le plus fondamental qui soit : construire un abri. Autour de la cabane ーpremière architecture, objet psychanalytique, laboratoire du durable ー la commissaire Fiona Meadows, architecte, responsable de programme à la Cité de l'architecture et du patrimoine, et la commissaire associée Antonella Tufano, professeure de design, Paris 1 Panthéon Sorbonne ont imaginé une exposition mêlant projets étudiants, sélection de références contemporaines et dessins de l'artiste Roland Shön. Rencontre. 

Mini Maousse existe depuis 2003. Que représente cette dixième édition ? Qu'est-ce qui a changé depuis le début ?

Fiona Meadows (F.M.) : Mini Maousse met en regard depuis l'origine la petite architecture et une question de société. La première édition était à sujet libre et s'appelait "L’éloge du petit" et il y avait déjà des cabanes. Cette édition met à l’honneur ce thème fondamental en architecture car il pose la question de l'origine de l'abri.

Pourquoi avoir mis l'accent sur la cabane en particulier ?

F.M. : La cabane, c'est vraiment la question de l'abri, c'est la première architecture, c'est un thème très important pour un architecte.  Je voulais qu'il y ait un apport théorique, d'où l'association avec Antonella. 

Antonella Tufano (A.T.) : C'est un thème à la fois classique — l'origine de l'architecture — et très actuel. La cabane est un lieu symbolique : celui de l'intimité retrouvée, mais aussi de ce qu'on peut fabriquer soi-même, sans intermédiaire. Au fil du travail, on s'est rendu compte qu'elle est devenue un laboratoire pour les architectes et designers : expérimenter le durable, “l'écotecture”, l'alter-construction, les matériaux de récupération, les nouvelles technologies au service de l'écologie. La cabane, c'était parfait.

UMA Architects, Moss Hut, Grödinge, Suède, 2023

Vous mentionnez les nouvelles technologies. N'est-ce pas antinomique avec la démarche ?

A.T. : Il y a deux exemples dans la partie "expérimental" : la fabrication 3D avec des matériaux récupérés ou de la terre, qui conjugue technologie et matériaux naturels ; et l'usage des technologies pour réguler les conditions climatiques. La cabane est vraiment la photo instantanée de ce qui se fait aujourd'hui, du plus vernaculaire au plus technologique.

Vous avez demandé aux étudiants trois productions : un conte, un jeu et un projet de cabane. Pourquoi ce format à trois entrées ?

F.M. : Une cabane dans une cour d'école nécessite des outils pédagogiques. Le jeu et le conte étaient les plus simples et les plus directs. Et pour des étudiants en architecture, c’est assez déstabilisant d’écrire une narration pour des enfants, d’imaginer un jeu : ça leur demande de sortir de leur zone de confort. Le résultat est là, ils nous ont proposé des choses assez malignes.

A.T. : Les livrets permettaient de transmettre une conscience écologique que l'architecture seule ne raconte pas toujours. On a été surprises : dans tous les contes, sans que le mot soit prononcé, c'est la question de l'anthropocène qui ressort, les limites, les consommations, le monde dans lequel on habite. Ce sujet est très visible chez les jeunes.

Studio North, Birdhut, Windermere, Canada, 20217

Qu’ont en commun les quatre projets lauréats ?

F.M. : Les questions d'écologie, de matériaux recyclés, et un sens de la protection, pour soi, pour la planète, pour les autres. C'est lié au fil du “care”, du prendre soin qui était également demandé dans le cahier des charges. Pour vous les présenter brièvement : 

  • La Cabane aux saisons colorées est une une cabane construite avec des rubans qui suivent l'ombre d'un arbre selon les saisons. Très poétique.
  • Cratère est le coup de cœur du jury. Il s’agit d’une non-cabane :  ils ont creusé un trou dans la cour d'école pour découvrir le sol. L'idée ici, c'est d'enlever le bitume. 
  • Entre deux mondes est un tapis-marelle qui se plie comme un origami géant, dans lequel l'enfant peut se glisser. Un lieu de protection, pensé aussi pour les enfants hypersensibles.
  • L'Abrique, ce sont des briques en forme d'ailes que les enfants assemblent eux-mêmes, à l'échelle qu'ils veulent.

Revenir au geste de construire soi-même. Pourquoi est-ce essentiel ?

F.M. : A l'ère du numérique, les enfants passent beaucoup de temps devant leurs écrans, et on sait que c'est problématique pour le développement. Construire ensemble, ce sont des moments de partage essentiels. Et puis, on a tous rêvé de fabriquer une cabane, c'est une notion universelle. Tout être vivanta besoin de cette fabrique pour grandir.

A.T. : Il y a aussi le point de vue architectural. Construire des structures minimalistes qui respectent la nature, il n'y a rien de plus difficile. Cette petite échelle oblige à se poser des questions fondamentales. C'est difficile de se défaire de tout ce qu'on sait faire, des habitudes. C'est un vrai chantier pour les architectes : comment comprendre l'autre paradigme de la construction, celui qui va devenir obligatoire ? 

Paradigma Ariadné, Photomaton Pantheon, Vigantpetend, Hongrie, 2019

Ces projets ont-ils été concrètement testés dans des écoles ?

F.M. : On a demandé aux étudiants de tester leurs projets. Certains ont juste passé quelques heures dans une école, d'autres ont vraiment réalisé leur cabane sur place. Sur la trentaine de projets sélectionnés parmi les 150 reçus, ils ont tous expérimenté leur projet avec des enfants.

Pourquoi avoir choisi d’exposer des dessins de Roland Shön ?

F.M. : Roland Shön est un personnage incroyable : metteur en scène, psychiatre, dessinateur. Je lui ai commandé une série autour de la cabane. Ce sont des dessins magnifiques, mais pas des dessins de bonheur — ils montrent un peu la fin du monde.

A.T. : La cabane est une image archétypale en psychanalyse. D'où la présence de Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste, présidente du jury, mais aussi de Claire Brunet, psychanalyste, qui est intervenue. Les dessins ont cette double nature : quelque chose de très révélateur par rapport à l'inconscient, et en même temps des formes très belles, très colorées, un peu oniriques. Ça colle très bien avec la duplicité de la cabane, à la fois très simple et très matérielle, et en même temps très complexe et psychanalytique. 

Le commissariat a été réalisé à trois. Comment ces trois regards se sont-ils articulés ? 

A.T. : Fiona, c'est Mini Maousse depuis 20 ans. Elle m'a associée pour le volet scientifique. Cynthia Fleury nous a validé le sujet, notamment pour aborder la notion du “care”. Elle a apporté la dimension psychanalytique de la cabane. Et Marielle Macé, historienne de la littérature et essayiste française, dont le texte est dans le catalogue, a ajouté une couche très politique : une interprétation de la cabane sur le vivant.

Arquimaña, Bordak, Au bord du Rio Agauntza, 2020

Infos pratiques 

Super Cabane ! Concours Mini Maousse #10

A la Cité de l'architecture et du patrimoine du 6 au 29 mai 2026

L'exposition s'accompagne d'un catalogue publié aux éditions Alternatives :

Collectif, sous la direction de Fiona Meadows et Antonella Tufano, Super cabane ! - Eloges d'une autre façon d'habiter, Paris : Alternatives, 2026, 256 pages, 25 €

2026-05-12
The Age of stupid, histoire de devenir moins bête...

Le 22 septembre, sortait simultanément aux quatre coins du globe The Age of stupid, un documentaire de Franny Armstrong sur le changement climatique. Un électrochoc salutaire, moins de deux mois avant le sommet de Copenhague.

Depuis qu'Al Gore est passé de l'autre côté de la caméra pour alerter les foules sur les dangers du changement climatique, le documentaire écologique est devenu un genre en soi. A priori, rien ne distingue The age of stupid des nombreuses mises en garde en images tournées ces derniers temps, de Une vérité qui dérange à Home. Sauf que : ce docu de 90 minutes de Franny Armstrong tranche aussi bien par son angle d'attaque que par la façon dont il a été produit et tourné. Bref, les raisons de le voir sont nombreuses, et les Ecofaubourgs les ont énumérées pour vous.

Une réalisatrice bien décidée à faire du bruit

A l'âge de 4 ans, Franny Armstrong voulait jouer de la batterie. Vingt ans plus tard, elle découvre dans une coupure de presse que Mc Do attaque en justice un jardinier pour diffamation. L'inégalité du rapport de force convainc la jeune anglaise de troquer sa grosse caisse contre une caméra. Il en sortira un film remarqué : McLibel (1997). Puis Franny Armstrong décide de partir en Inde pour filmer la résistance de certains habitants à l'édification d'un barrage sur le fleuve Narmada. Le résultat s'appelle « Drowned out » (noyés) et a été largement primé.

« The age of Stupid » n'est donc pas un coup d'essai. Fanny Armstrong y creuse sa veine activiste en accampagnant la sortie du film d'une campagne médiatique nommée 10 :10. L'enjeu : inciter le Royaume-Uni à réduire de 10% ses émissions de CO2 d'ici 2010.

Un docu-fiction SF

Parmi l'offre pléthorique de docus écolos, The Age of stupid a des allures d'ONVI. Et pour cause : le film mêle reportage, animation et fiction. Ainsi, l'acteur Pete Postlethwaite (les Virtuoses, Usual suspects, etc.) y incarne un vieil homme rescapé du chaos, et vivant seul en 2055 au milieu des archives de notre temps. Faisant retour sur cet âge de la stupidité en regardant vivre et travailler 8 hommes et femmes de 2008, le protagoniste s'interroge : pourquoi n'ont-ils rien fait pour éviter le désastre tant qu'il en était encore temps ?

Un film indépendant

Produire un documentaire engagé avec l'argent de sociétés pas toujours respectueuses de l'environnement ? Pas question pour Franny Armstrong. S'étant toujours tenue à l'écart des circuits traditionnels de production et de diffusion, la réalisatrice a financé The age of stupid grâce à la générosité du public. Depuis 2004, elle a ainsi levé auprès de 600 donateurs individuels ou groupes l'équivalent de près d'un million d'euros. De quoi assurer une totale liberté de ton à son film.

2009-09-23
Écrit par
midi:onze
Le préservatif, une arme contre le changement climatique ?

Le latex, nouvel ami de la planète ? Oui, si l'on en croit une étude anglaise aux conclusions pour le moins culottées. Selon elle,  un strict contrôle de la natalité serait en effet la manière la plus économique de lutter contre le changement climatique. Explications.

Le 15 septembre dernier, le blog dot earth du très sérieux New York times osait une question franchement provocatrice : « et si les préservatifs étaient le summum de la technologie verte ? » Autrement dit : et si le contrôle de la natalité était la meilleure façon de lutter contre le changement climatique ? »

Le site Internet du quotidien américain faisait ainsi écho à une étude de la London School of Economics parue quelques jours plutôt. Commanditée par Optimum population trust, une organisation malthusienne anglaise aux penchants un poil extrémistes, cette analyse coûts-bénéfices part d'un postulat simple : « Moins d'émetteurs, moins d'émissions ». A ce titre, le contrôle des naissances serait un moyen non seulement efficace, mais relativement bon marché, de limiter l'impact du changement climatique. Ainsi, l'étude calcule qu'affecter 7 dollars au planning familial lors des 40 années à venir permettrait d'économiser 1 tonne de CO2. En comparaison, 32 dollars seraient nécessaires pour arriver au même résultat en développant d'autres technologies vertes. Conclusion de l'étude : faire moins d'enfants revient à oeuvrer pour la planète, surtout aux Etats-Unis, où le niveau d'émission de CO2 per capita est 5 fois plus élevé qu'en Chine, 20 fois plus élevé qu'en Inde.

2009-09-21
Écrit par
midi:onze
Ce week-end, Paris fête les jardins

Les prévisions météo annoncent un week-end clément et ça tombe plutôt bien : samedi 26 et dimanche 27 septembre, aura lieu la 13e édition de la Fête des jardins. Grande nouveauté du cru 2009 : le périmètre de l'événement déborde le cadre parisien et gagne Aubervilliers, Puteaux, Montreuil, Saint-Mandé et Clichy-la-Garenne. Au programme, visites guidées, promenades, ateliers, dégustations et concerts…

Organisée chaque année à l'initiative de la ville de Paris, la Fête des jardins est aux espaces verts ce que les journées du patrimoine sont à l'architecture : une occasion de découverte et d'apprentissage.

On pourra ainsi visiter des espaces d'ordinaire fermés au public, tels que le centre horticole de Rungis, les murs à pêches de Montreuil ou, à Paris, le jardin du couvent des soeurs de l'adoration (5e arr.), celui du presbytère de Saint-François-Xavier (7e arr) et autres potagers de congrégations religieuses.

Mais la fête des jardins offre surtout l'occasion de s'initier au jardinage via nombre d'ateliers découverte. A l'honneur cette année : les nouvelles pratiques de gestion écologique des espaces verts. Ainsi, le jardin partagé Ecobox (19e arr.) explique comment jardiner hors-sol avec des matériaux de récupération, tandis que les parcs de Passy et et de l'avenue Foch (16e arr.) présentent leur gestion écologique des espaces verts. Le parc des Buttes-Chaumont (19e arr.) quant à lui, accueillera une grande démonstration de bûcherons.

La programmation met aussi l'accent sur la biodiversité, entre sortie ornithologique depuis la maison des oiseaux (5e arr. attention : inscription obligatoire), visite du rucher dans le jardin Alexandra David Neel (Saint-Mandé) et ateliers de reconnaissance des végétaux au parc Roger Salengro de Clichy-la-Garenne.

Enfin, les épicuriens pourront participer aux nombreuses dégustations et concerts prévus ce week-end : découverte de la gastronomie suédoise au jardin de l'hôtel Marle, apéro en fanfare au parc Stalingrad à Aubervilliers, concert pop-folk au square Maurice Gardette (11e arr.)

2009-09-24
Écrit par
midi:onze
Du bruit pour le climat

Lundi 21 septembre à 12h18, réveils et téléphones portables ont sonné partout à travers la planète. Imaginée par tcktcktck et relayée par nombre d'OGN, dont Greenpeace, cette bruyante flash-mob avait pour but de réveiller les hommes politiques.

Le 22 septembre 2009, se tenait au siège de l'ONU à New York une réunion sur le changement climatique. Autant le dire : ce prélude au sommet de Copenhague laisse peu d'illusions aux militants écologiques, qui depuis Kyoto ont eu tout le loisir de constater l'inertie des dirigeants face au changement climatique.

D'où cette idée de Tcktcktck, plateforme écologiste regroupant diverses ONG : organiser une fash-mob planétaire suffisamment bruyante et médiatique pour attirer l'attention sur la nécessité de trouver enfin un accord.

Le 21 septembre à 12h18, chacun de nous était ainsi invité à faire sonner son réveil ou son téléphone portable pour "réveiller les hommes politiques". Une façon comme une autre de mesurer l'implication de la société civile dans l'avènement d'une société plus durable...

2009-09-19
Écrit par
midi:onze
Bouger autrement : Autolib' se lance enfin

Annoncé en grande pompe en octobre 2008, Autolib aura connu de multiples rebondissements depuis un an. L'attente devrait bientôt prendre fin. En effet, Bertrand Delanoë a confirmé le 11 septembre dernier que l'appel d'offre pour le système de location de véhicules électriques en libre service serait lancé avant la fin de l'année.

Un projet ambitieux

Pour rappel, l'objectif d'Autolib est la mise en place d'un réseau de voitures électriques propres. C'est un projet de service de location horaire et en "trace directe", c'est-à-dire où l'on peut emprunter un véhicule dans une station et le déposer dans n'importe quelle autre station (comme le Vélib). À terme, Autolib devrait aider à limiter la possession de véhicules individuels, en offrant une alternative crédible et écologique aux déplacements qui nécessitent une voiture à Paris et en métropole.

Or, c'est bien la volonté d'étendre le dispositif à la métropole qui aura retardé les choses depuis douze mois : le refus de la création du syndicat mixte aurait limité Autolib à Paris intramuros. Mais la préfecture de Paris a finalement autorisé la création du syndicat en juillet dernier.

Pour mettre en place le dispositif, la création de 1 400 stations (dont la moitié dans les rues de la capitale) et la livraison de 4 000 véhicules électriques sont attendues, pour un lancement prévu à la fin de l'année prochaine.

Un succès non garanti

Si l'on peut saluer la mise en place d'un tel projet, les précédents ont montré qu'il n'était pas pour autant un gage assuré de succès. Dans les années 1970, Amsterdam a ainsi mis en place le même système. Mais 30 ans plus tard, les voitures en location peinent toujours à trouver leur public. La ville hollandaise ne possède aujourd'hui qu'un seul parc de 35 véhicules.

En France, c'est la ville de La Rochelle qui fait figure de pionnière en la matière. Mais le parc est composé d'une cinquantaine de véhicules. Un nombre bien faible si on le rapporte à une population totale qui frôle les 80 0000 habitants. Autolib devra faire nettement mieux à Paris et la Mairie espère un engouement rapide à l'image du succès du Vélib.

L'argument financier devrait en convaincre plus d'un. Alors que le coût mensuel d'une voiture atteinte300 euros par mois (entretien + essence) pour une personne qui l'utilise pour se déplacer sur son lieu de travail, Autolib’ sera proposé dans une fourchette de 15 à 20 euros par  mois et entre 4 et 6 euros la demi-heure d'utilisation. Par ailleurs, la Mairie de Paris souhaite fournir aux utilisateurs du service des voitures quatre places. Or, l'offre en véhicule 100 % électrique et quatre places est pour l'instant très limitée. Les constructeurs automobiles proposent pour la plupart des véhicules deux places, plus adaptés à une propulsion électrique (plus le véhicule est léger, plus lautonomie de la batterie sera grande).

Reste également l'interrogation quand à l'espace nécessaire pour installer les 700 stations du système dans une capitale où les places de parking ne sont pas légion. Quand au calendrier, il sera difficile à tenir. Les candidatures déjà reçues suite à l'appel d'offre pourraient le faire retarder (plus les candidats sont nombreux, plus les consultations sont longues), et Autolib a plus de chance de voir le jour en 2011 qu'en 2010. À ce jour, trois candidats sont déjà connus : Veolia Environnement (par l'intermédiaire de sa filiale de transport), Transdev (filiale de transports publics de la Caisse des dépôts) et un groupement constitué par la SNCF, la RATP, Vinci Parc et Avis.

2009-09-17
Écrit par
midi:onze
Terre vivante : un éditeur durable

Créée en 1979 par une poignée de militants, Terre vivante s'est peu à peu taillé la part du lion dans le domaine de l'édition écologique. Avec un magazine bimestriel, une douzaine de publications annuelles et un centre écologique ouvert au public, cette structure atypique a su évoluer pour mieux répondre aux attentes d'un lectorat en pleine expansion.

Sur son site Internet, Terre vivante annonce « 30 ans au service de l'écologie ». Un âge respectable, quand on sait combien récent est l'engouement des professionnels du livre pour le développement durable. Du reste, la maison d'édition n'est pas seulement un acteur « historique » de l'édition verte : organisée en SCOP depuis 2005, cette structure d'une trentaine de personnes est aussi un modèle d'organisation, et prouve si besoin était que l'écologie n'est pas incompatible avec le monde de l'entreprise.

Tout commence en 1979. Cette année-là, sept amoureux de la nature créent une association destinée à promouvoir les techniques et modes de vie respectueux de l'environnement et de la santé. Leur démarche est emblématique du basculement qui s'opère à la fin des années 1970 : loin des grandes « causes » de la décennie écoulée, ces militants plus gandhiens que soixante-huitards se veulent pragmatiques. Le magazine des 4 saisons, qui commence à paraître dès 1980, en est une bonne illustration : que ce soit en matière de jardinage, d'habitat, d'alimentation ou de santé, il offre à ses lecteurs un bouquet de solutions concrètes à mettre en oeuvre dans le cadre de la vie quotidienne. Et ça marche. Non seulement le nombre d'abonnements croît rapidement, mais une communauté se fédère autour du magazine : on appelle ça « l'esprit 4 saisons ».

Face à ce succès, les membres de Terre vivante décident dès 1982 d'offrir à leurs lecteurs un complément d'information en se lançant dans l'édition de livres. Comme le magazine, les titres publiés s'adressent essentiellement au particulier avide de solutions concrètes. Tout au plus la maison d'éditions concède-t-elle de temps à autre un ouvrage dédié aux grands enjeux écologiques. Mais le contexte économique actuel pourrait bien amener Terre vivante à diversifier ses publications.

Comme le confesse Claude Fournier, directrice générale de la maison depuis 1986, les deux dernières années ont marqué l'émergence d'un phénomène auquel ces éditeurs « historiques » étaient peu habitués : la concurrence. « Depuis le Grenelle de l'environnement, la niche explose, le marché émerge, explique Claude Fournier. Il est même probable qu'en ce moment, il précède la demande. » Aussi Terre vivante est-il particulièrement vigilant : « nous sommes plus que jamais attentifs à éditer des livres qui durent, qui soient bien documentés et bien illustrés, nous explique Claude Fournier. Surtout, nous nous sommes fixé un nouvel objectif : produire environ 20 livres par an à partir de 2010. Il s'agit de répondre aussi bien au débutant motivé qu'à l'amateur confirmé ».

Pour faire face à ses concurrents, Terre vivante possède de solides atouts. Premier d'entre eux : sa légitimité. Les ouvrages publiés par la maison d'édition sont de qualité et largement diffusés. Surtout, ils sont conçus de la façon la plus écologique possible : « En tant qu'éditeurs durables, nous voulons faire des livres qui durent, explique Claude Fournier. Donc, plutôt que de rentrer dans la logique actuelle du livre jetable, on met à jour, on réédite, on essaie de faire vivre le fond. Idem pour la production : les livres sont imprimés à moins de 600 kms du siège social et nous apportons un soin particulier au choix du papier. Seul bémol : le transport. D'où notre intérêt croissant pour le livre électronique ».

Cette conformité de Terre vivante aux valeurs qui ont fait son succès excède du reste le strict champ de l'édition. En effet, depuis 1992, l'association a quitté Paris pour Mens, dans les environs du Vercors, où elle a aménagé un parc à thème écologique ouvert au public de mars à septembre. Soit 50 hectares où réserves naturelles, jardins et maisons bioclimatiques offrent au visiteur un concentré d'écologie pratique dans le droit-fil de la maison d'édition.

Pour en savoir plus

Le site Internet de Terre vivante http://www.terrevivante.org/

2009-09-09
Écrit par
midi:onze
Le premier logement social à énergie positive à Paris

L'ambition d'accroitre la performance énergétique des bâtiments est de plus en plus présente alors même qu'en France, le secteur résidentiel et tertiaire consomme 46% de la consommation de l'énergie finale nationale (Source: AMOES).

Un bâtiment qui produit plus d'énergie qu'il n'en consomme (énergie positive) est aujourd'hui un projet environnemental concret. Les maisons passives et à énergie positive sont déjà bien présentes dans le Nord de l'Europe et en Suisse et se développent progressivement en France. À Paris, le premier logement social à énergie positive est prévu pour 2011.

C'est l'agence d'architectes Baudouin et Bergeron qui a été sélectionnée par La RIVP (Régie Immobilière de la Ville de Paris) pour démontrer la faisabilité technique et économique d'un tel bâtiment. Un projet de grande envergure qui répond aux exigences du Plan Climat adopté par la Ville de Paris, lequel prévoit un seuil de consommation maximale de 50 kwh/m²/an dans le logement neuf.

Typologie et aspects architecturaux

Situés rue Guénot dans le 11ème arrondissement à Paris, les dix-sept logements familiaux sociaux, principalement des 4 pièces, sont répartis sur les 6 niveaux du bâtiment. La rue étant calme, les chambres donnent sur la façade Est, ensoleillée le matin ; sur le jardin, la façade Ouest est éclairée l'après midi et accueille les séjours et studios mono-orientés, ainsi que leur prolongements extérieurs en terrasse. La façade du jardin offre une végétation grimpante. L'architecture du bâtiment propose une touche de modernité tout en restant proche de son contexte immédiat.

Aspects techniques

La démarche environnementale a privilégié une compacité maximale du bâtiment afin de limiter toute déperdition d'énergie. Des panneaux solaires photovoltaïques assurent la production énergétique du programme. Le chauffage et l'eau chaude sanitaire sont alimentés via une mini chaufferie au gaz à condensation, le  pré-chauffage fonctionne avec les capteurs solaires thermiques en toiture. Le renouvellement de l'air est réalisé via une ventilation mécanique contrôlée en simple flux avec des ventilateurs basse consommation. Cet ensemble précisément calibré est nécessaire et suffisant pour compenser les besoins en énergie primaire du bâtiment. La performance demandée est au rendez-vous, avec une consommation totale de 39.2 kWh ep/ m2/an  (Plan Climat Paris : 50 kWh ep / m2/an).

2009-07-29
Écrit par
midi:onze